À propos d’Algèbre.

Avec la pugnacité d’un véritable enquêteur, Yan Pradeau tente dans ce récit à la croisée de l’autobiographie et du roman de comprendre comment on devient Alexandre Grothendieck, mathématicien de génie.

Enfant déjà, celui qui est aujourd’hui considéré comme le refondateur de la géométrie algébriquese trouve sur la piste de la découverte du nombre Pi. À l’âge de 20 ans, il résout en quelques moisquatorze problèmes demeurés jusqu’ici irrésolus. De tous les mathématiciens du siècle, il est celuiqui s’avère seul capable de généraliser un problème, d’apercevoir avec recul et démonter les liens possibles entre des figures mathématiques. Ce fils d’anarchistes, dont le père a péri à Auschwitz et la mère a succombé à une tuberculose contractée dans les camps, est férocement revêche à toute autorité et farouchement solitaire. En 1966, il refuse la très convoitée médaille Fields. Un temps enseignant au Collège de France, il est à compter de 1973 professeur à l’université de Montpellier.Mais il choisit de rompre rapidement avec le milieu scientifique pour vivre reclus en Ariège au début des années 1990, avant de tirer sa révérence en novembre 2014.

Se détachent sous la plume alerte de l’écrivain la silhouette, puissante, de l’homme, son histoirepersonnelle et ses idéaux, et avec elle un siècle entier. Car Yan Pradeau ne retrace pas seulementla vie du mathématicien : il nous entraîne dans le tourbillon d’une époque, dans des milieuxréputés fermés, qui apparaissent soudain dans toute leur vérité sous les yeux du lecteur. Entre lerécit d’une vie et la grande histoire gravée sur le papier avec la finesse du burin et la phrase quiclaque sans concession tel un couperet, cet Algèbre tient de la saga familiale comme de la grande histoire, depuis les camps de la mort jusqu’à nos jours.

2 Trackbacks / Pingbacks

  1. Algèbre, un roman de Yan Pradeau. – Yan Pradeau
  2. Revue de presse. – Yan Pradeau

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*